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Jérôme Le Maire : « Le Grand Tour, ni documentaire, ni fiction… Juste un film »

Jérôme Le Maire réalisateur du Grand Tour / Photo DR

« Le Grand’Tour » se est en bonne voie dans la compète, pour l’obtention de l’une des amphores, dimanche. Son réalisateur, Jérôme Le Maire, nous raconte un tournage particulier, qui oscille sans cesse entre fiction et réalité.

 

Le film n’est présenté ni comme une fiction, ni comme un documentaire. Vous vouliez troubler le spectateur ?

Je voulais qu’il fasse son propre chemin, qu’il décide lui-même. Je ne voulais pas lui mentir aussi. Car au final, c’est ni l’un ni l’autre, le vrai et le faux sont tout le temps mêlés. Dans certains films, on fait croire au public que c’est un documentaire alors que cela n’en est pas, ou l’inverse. Moi, j’ai juste fait un film ! Même si beaucoup de distributeurs me demandent comment ils doivent présenter le film…

 

Finalement seule l’histoire est fausse, mais les personnages existent bel et bien ?

Tout est parti de Vincent, le président de la fanfare. Il est artiste, et j’avais envie de travailler avec lui. Il a tenu à me présenter ses copains, il voulait qu’on fasse un film sur eux, avec eux. On les emmenait dans des fêtes, dans les bois, etc. et je les filmais comme j’aurais réalisé un documentaire. C’est seulement ensuite, avec toute cette matière, que le scénario s’est mis en place. Par exemple, le fait que Pinard tombe amoureux de Vincent est complètement fictif. Mais même au sein du scénario, il y a encore du vrai et du faux…

 

Je les ai dirigés comme des acteurs professionnels

 

Par exemple ?

La scène du château. Tout était prévu à l’avance, nous avions loué ce grand château, et au moment du passage des gars sur le chemin, le châtelain devait sortir et les inviter à entrer. Seulement ils n’en savaient rien du tout. Dans toute cette scène, ils ne savent pas que c’est en réalité écrit. C’est seulement au milieu de la nuit, quand ils commencent à faire la fête et qu’ils ont déjà pas mal bu, que le personnage du châtelain est venu les voir pour leur dévoiler le pot aux roses.

 

Comment avez-vous vécu le tournage avec des acteurs non-professionnels ?

Au départ, je leur avais donné deux consignes : ne pas regarder la caméra et ne pas parler du film. Et puis au fil du temps, ils savaient de plus en plus jouer la comédie, et ils se se d’ailleurs vraiment bien débrouillés, et je les ai dirigés comme des acteurs professionnels. Ils ont vraiment dû me faire confiance car je ne voulais pas leur montrer le film, même s’ils insistaient. Ils avaient des craintes et c’était normal, d’autant plus que certains passages dévoilent des choses intimes. Et au final ils sont tous extrêmement contents du résultat.

 

« Le grand tour » est un film a tout petit budget… Liberté ou contrainte, pour vous ?

C’est formidable d’être libre à ce point, de n’avoir aucune deadline. Finalement, il aura fallu quasiment quatre ans pour que cette idée de départ devienne un film. Ça m’a demandé énormément d’énergie. Mais c’est tellement agréable de faire ce que l’on veut, on se sent vraiment plus fort. Par contre, bien sur, il y a un côté où sans deadline à tenir, on ne maîtrise plus rien…

 

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