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[Critique] « Heavy Girls », amour bedonnant décomplexé et dramatique

Heavy Girls de Heavy Girls de Axel Ranisch / Capture d'écran

Sven habite avec sa mère, une vielle femme atteinte d’Alzheimer dont s’occupe Daniel, aide à domicile. Quand celle-ci meurt, les deux hommes vont se rapprocher…

Grand film d’amour contrarié

 

Film ultra-fauché, au casting réduit et réalisé à la DV, Heavy Girls (dont le titre n’a
absolument rien à voir avec l’histoire racontée) mérite amplement sa place dans ce
festival. Plus que tout autre. Grand film d’amour contrarié, le long-métrage d’Axel
Ranisch contient son lot de scènes mémorables, comme ce passage où nos deux
amoureux bedonnants jouent aux aborigènes sur les bords d’un lac, complètement nus.

Et cette séquence, où Daniel et Sven, déguisés en clown et en policier, se donnent en
spectacle pour amuser la vieille femme. Ne parlons même pas de la danse exaltée de Sven (toujours nu) sous un air de musique classique, le cordon de son casque audio n’étant pas forcément branché au bon endroit… À vous de deviner.

 

Heavy Girls, un véritable OVNI, à mi-chemin entre le
Dogme et les feu romans-photos d’Hara-Kiri.

 

Vrai film grolandais ?

Ces séquences surprenantes font de Heavy Girls un véritable OVNI, à mi-chemin entre le
Dogme et les feu romans-photos d’Hara-Kiri. Cependant, la sincérité totale du réalisateur et l’amateurisme (forcé ?) de la réalisation posent un véritable paradoxe. Le spectateur ne sait effectivement pas toujours où se trouve la frontière entre le premier et le second degré. Les plans illisibles, l’absence d’éclairage et la multiplication de faux raccords donnent assurément un cachet au film, œuvre spontanée et immédiate. Mais cet « excès » de réalisme dévoile aussi les recettes de la cuisine cinématographique : le cinéma est par nature un artifice invisible.

Ici, le dilettantisme total rend clairement visibles ces mêmes artifices. Aussi, les passages tragiques sont radicalement annihilés par la présence de la caméra. L’empathie envers les personnages devient alors difficile, car ils ne sont que des acteurs dirigés, qui « font semblant ». Ce procédé empêche ainsi toute tentative d’immersion. La limite entre la pantalonnade décomplexée et un sérieux dramatique est beaucoup trop mince, et il est délicat de déceler les véritables intentions du réalisateur. Ceci dit, le caractère iconoclaste de Heavy Girls lui confère un énorme capital sympathie.

 

 

>> Heavy Girls de Axel Ranisch
Avec Ruth Bickelhaupt, Heiko Pinkowski, Peter Trabner / 2011 Allemagne 1h16 Inédit

 

 

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