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[Critique] « Le Grand Tour », dix quadras en quête de bières et de liberté

Le Grand Tour de Jean-Marie Lemaire / Capture d'écran

Filmé comme un documentaire, d’ailleurs pas complètement fictif puisque les acteurs interprètent leur propre rôle, « Le Grand Tour » raconte l’histoire d’un groupe de potes belges décidés à se rendre au « carnaval du monde » de Stavelot, armés de leurs tambours et de leurs binouzes.

Ces types sont tout bonnement scandaleux !

« Marcher dans la forêt sous coke ou ecstasy, c’est formidable. C’est vraiment quelque chose que je conseille à tout le monde. » Le voyage qu’ont entrepris ces dix copains de fanfare et de beuverie n’a rien de vraiment initiatique, a priori. ça les a pris comme une envie de pisser. « On a prévenu personne », qu’ils racontent

Ce pourrait être le meilleur épisode de Strip-tease qui soit. Les gars ne connaissent bien sûr strictement rien à la musique, et n’ont pas tellement d’autre idée en tête que de faire la fête. Mais alors, la faire correctement. Ces types sont tout bonnement scandaleux ! Notamment lorsqu’ils font escale en camion de pompier emprunté, chez les parents de Vincent, leader du groupe, qui tiennent une épicerie, dans laquelle ils se serviront allègrement en boissons…
Gros plans sur les gueules défoncées des copains hurlant de rire de si bon cœur que s’en est contagieux. Pendant toute la première partie du film, on se marre presque autant qu’eux. Leur liberté est jouissive.

« - Bon, on va où ?
– On n’a qu’à aller à la mer ?
– D’accord, allons à la mer. »

Et puis en fin de compte, la mer, c’est gris et déprimant. Alors on se casse. La vie est belle ! Et le temps passe. Pas envie de rentrer à la maison. Ça fait deux mois, puis trois. De toutes façons, leurs épouses respectives, auxquelles ils ne donnent quasiment aucun signe de vie, comme ils s’y sont contraints au début de leur périple, ne voudront plus d’eux, c’est certain

Changement de registre en finesse

Les questions existentielles commencent à émerger. Celles qui prennent la tête et empêchent de se marrer autant. Pourquoi je suis là ? Les tempéraments des uns et des autres se dévoilent, forcément les tensions se créent, au-delà du grand délire du départ, chacun est aussi là pour ses propres raisons, qu’on ne partage pas ou si peu, parce que c’est pas la peine, mais qu’on respecte.

Alors quand l’un de la bande décide d’arrêter l’aventure, on ne cherche pas à l’en empêcher. L’alcool laisse place à l’eau, la cocaïne aux sandwichs improvisés, les blagues grasses aux interrogations de plus en plus angoissées. Le grand tour aura bel et bien une fin, même si c’est pour les derniers restants sacrément difficile de l’admettre.

Jérôme Le Maire et son équipe ont réussi un bel exercice, d’abord pour ce qui est de jongler entre la fiction et la réalité. Le ton et le jeu des acteurs, qui n’en sont finalement pas tout à fait, est toujours juste, forcément. Après la première partie ultra festive dont certaines scènes sont à mourir de rire, le changement de registre se fait en finesse, on ne tombe jamais dans le pathos. Tout reste simple, comme leur histoire, finalement. Pas de grandes leçons de vie sur l’amitié et la fraternité, il n’en est nul besoin. Grolandais sur tous les fronts, « Le grand tour » est une excellente découverte de ce festival.

>> Prochaine séance : samedi à 11 heures à l’ABC en présence du réalisateur Jérôme Le Maire et de la fanfare.

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